Ah, ah, ah, petit signe... Je viens de péter doucement un câble au téléphone avec Maman quand elle m'a demandé, entre deux quintes de toux de mon crû, si j'allais travailler. Je lui ai dit qu'elle arrête de me parler boulot. Qu'elle me parle de ma vie, me demande si ça va, je le conçois, mais qu'elle ne me voie que par le prisme de l'activité économique rentable et productrice, je ne le supporte plus. Que le lecteur se rassure, je ne deviens pas un affreux trotsko, mais j'éclate, simplement. Il y a d'autres moyens de s'épanouir. L'écriture en est un. D'évidence, je vais culpabiliser, cette bonne vieille mauvaise conscience judéo-chrétienne. Tiens, avez-vous remarqué que tous les sentiments de bas morceau sont systématiquement accolé de cette horrible dénomination "judéo-chrétienne". En revanche, la charité est chrétiene. Pas juive. Les juifs apprennent à leurs enfants d'assumer leurs actes. De trancher, de s'affirmer. Ce sont les Chrétiens qui portent en eux cette misérable repentance à tout va du pêché commis à chaque action. Même si elle s'avère mauvaise, qu'elle fait du mal à autrui, il faut savoir assumer, foutre merde. Je ne dis pas cela pour vous, j'essaye de m'en convaincre... Ceci étant dit, l'amour d'une mère ne s'accompagne jamais de douce félicité. Pour moi, en tous les cas. L'inquiêtude et l'angoisse qu'elle communique même involontairement commencent doucement de me faire sortir de mes gonds.
Vu The Shield hier soir. Je ne connaissais pas cette série américaine où justement, on n'exalte pas de "valeurs". C'est la vie, brute et sans concession, qui est filmée. Nous, on vit vraiment au pays des Bisounours avec Cordier, Moulin, Lescaut et compagnie. Il semble que chez nous, la vie soit tellement impossible à supporter que les chaînes se sentent l'obligation contractuelle de nous diffuser des bonbons sucrés débiles, mal joués, mal construits, d'une stupidité confondante. Je ne dis pas que dans l'état actuel de votre serviteur, les premières minutes ne m'aient pas un peu bousculés. Je crois que même Casimir devient une horreur, mais à force, en s'obligeant de se déparer, de se dépouiller de toute la phantasmagorie qui envahit mon cerveau, je prend -oh ultime affront à l'ensemble de la chrétienté !- du plaisir à regarder Vic McKey essayer de se démerder. Il faut ajouter que l'on n'est plus en présence d'un acteur, en la personne de Michael Chiklis, mais du détective Vic McKey. Sa performance est époustouflante. J'ai mal pour Véronique Genest, sincèrement... Pourtant, dans Les Quatre fantastiques, je l'avais trouvé nullissime (pas Véronique Genest. La pauvre...) Et dans The Commish, pareil. Pas assez d'épaisseur, au sens propre. Là, son talent de diamant brut éclate. Ca fait vraiment beaucoup de bien de voir un comédien prendre, avec le temps, son pied à ce point. Je devrais peut-être m'en inspirer.
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